Catastrophe naturelle : les maires des communes oubliées sont scandalisés

17/06/2016 17:54

Article parut dans le parisien du 16 juin 2016

Furieux. Serge Rossière-Rollin (LR), le maire de Donnemarie-Dontilly, l’une des premières villes inondées dans le département après les pluies torrentielles de fin mai, ne décolère pas. Alors que plusieurs dizaines d’habitations, ainsi que la maison de retraite de sa commune, ont été inondées dès le 30 mai, Donnemarie-Dontilly n’est toujours pas reconnue en état de catastrophe naturelle. Un comble à la vue des maisons de la rue du Moulin-à-Tan, envahies par les eaux. Donnemarie fait partie des communes laissées sur le carreau par les services de l’Etat, sur les 202 prétendants à cette reconnaissance. Et ce, sans réellement obtenir d’explications de leur part. Une nouvelle liste complémentaire devrait être établie début juillet. En attendant, à Donnemarie et ailleurs, on veut se faire entendre.

« C’est incompréhensible, assure Serge Rossière-Rollin. Il faut que les services de l’Etat corrigent tout de suite cela. Qu’ils ne nous disent pas que nous ne sommes pas classés parce qu’on n’a pas assez d’habitants sinistrés ! On va donc inonder de mails les services de la préfecture. S’il faut y aller tous les jours, j’irai. S’il faut même m’enchaîner aux grilles, je le ferai. » « C’est très dur à vivre, reconnaît Françoise, une sinistrée. C’est le coup de bambou derrière la tête. Trois semaines pour arriver à ça… Je suis vraiment dégoûtée. » A Ozoir-la-Ferrière, où près de 1 300 habitants et des commerces ont été impactés dès le 30 mai, le maire Jean-François Oneto (LR) est plus mesuré. « Des communes voisines bien moins touchées qu’Ozoir (NDLR : à Roissy-en-Brie, ville retenue, le maire François Bouchart (LR) confirmait ce lundi n’avoir pas beaucoup de dégâts) sont sur la liste. C’est donc l’incompréhension totale. Notre dossier est pourtant complet et détaillé », affirme l’édile. Même étonnement à Tournan-en-Brie, où la Marsange a envahi de nombreuses maisons le 31 mai. « Nous avons eu des demandes complémentaires de la préfecture, mais nous avons déjà envoyé dès le 1er juin plein de photos et de rapports de constatation, indique le maire Laurent Gautier (PS). On va donc renvoyer des rapports de notre syndicat de rivière et si cela ne marche pas, on va crier un peu. »

Prêchant pour sa circonscription, le député Christian Jacob (LR) juge « invraisemblable » le non-classement de Donnemarie, Montigny-Lencoup, Coutençon et Bazoches-lès-Bray. « La préfecture n’a pas mis les priorités où il le fallait, dit-il. Au cabinet de Bernard Cazeneuve, on m’assure que cela va se régler, mais ce n’est pas normal que cela prenne autant de retard. »

D’après le préfet Jean-Luc Marx, « 14 000 habitations en Seine-et-Marne ont été touchées par les inondations. Et nous avons reçu 150 dossiers de demandes d’aide pour des TPME ou des commerçants. » Il rappelle aussi « que les particuliers touchés par les inondations, peuvent solliciter une aide d’urgence, dont le plafond atteint 300 € par adulte et 100 € par enfant. Les dossiers sont à remplir auprès des CCAS des mairies des villes concernées. »

Les 46 communes retenues dans la 2e liste

Quarante-six nouvelles communes, classées en état de catastrophe naturelle, font partie de la liste publiée ce jeudi au Journal officiel : Beautheil, Bernay-Vilbert, Bois-le-Roi, Boissy-le-Châtel, Celle-sur-Morin (La), Chalmaison, Champeaux, Chaumes-en-Brie, Chevru, Condé-Sainte-Libiaire, Couilly-Pont-aux-Dames, Coupvray, Coutevroult, Crécy-la-Chapelle, Doue, Esbly, Ferté-sous-Jouarre (La), Frétoy, Guérard, Isles-lès-Villenoy, Jouarre, Lagny-sur-Marne, Lumigny-Nesles-Ormeaux, Maincy, Marolles-en-Brie, Moisenay, Montry, Mouroux, Orly-sur-Morin, Pézarches, Pommeuse, Roissy-en-Brie, Rozay-en-Brie, Saint-Augustin, Saint-Germain-sur-Morin, Saint-Martin-des-Champs, Saint-Méry, Saint-Ouen-en-Brie, Saint-Ouen-sur-Morin, Saint-Rémy-la-Vanne, Sancy-lès-Provins, Soignolles-en-Brie, Sourdun, Tigeaux, Villiers-sur-Morin, Voulangis.