Le développement du fret fluvial pour diminuer la circulation routière en Seine-et-Marne ?

02/12/2016 08:06

Article parut dans la République de seine et marne 12/11/2016.
 

Lors d'un séminaire logistique, la question du développement du fret fluvial a été évoquée, en alternative au transport routier. Un projet qui passe par la mise en grand gabarit de la Seine et l'agrandissement des plateformes fluviales dans plusieurs communes.

La mise en grand gabarit de la Seine permettrait à des péniches de 3600 tonnes de transiter par la Seine-et-Marne et accroître la part du transport fluvial (©Julien Meneret) -
La mise en grand gabarit de la Seine permettrait à des péniches de 3600 tonnes de transiter 
par la Seine-et-Marne et accroître la part du transport fluvial (©Julien Meneret) -

« Quelles opportunités pour le fret fluvial en Seine-et-Marne ? » La question a été posée, vendredi 4 novembre, lors du séminaire proposé par le Club de la logistique de Seine-et-Marne, à la médiathèque de l’Astrolabe, à Melun.

Les intervenants sont partis d’un constat simple : si les moyens sont donnés au trafic fluvial, actuellement sous-exploité, il peut devenir une alternative crédible à la route.

Logistique

« Avec 40 millions de tonnes de déchets des travaux du Grand Paris Express, il va bien falloir trouver des solutions », a souligné Jean-Jacques Barbaux président du conseil départemental lors de la rencontre. Les atouts de la Seine-et-Marne ont d’ailleurs été listés avec son réseau routier, la proximité avec les aéroports ou encore son réseau ferré.

Autant de potentialités qui font de la Seine-et-Marne le premier département logistique de France. En chiffres, le constat est sans appel : 18 M de m² d’entrepôts dont 7M font plus de 10 000 m².

Le Département brasse 40% flux logistiques d’Ile-de-France qui représentent 68 000 emplois avec cinq grands pôles logistiques : Roissy- Meaux, Marne-la-Vallée, Axe RN4, Sénart-Melun et Montereau-Fault-Yonne.

Pour le fret fluvial, la Seine-et-Marne dispose d’un grand potentiel de développement, tant par sa réserve foncière que par les opportunités qu’elle peut apporter aux entreprises et industries qui exportent en France ou dans tous les autres pays du Monde.

«  Il faudrait augmenter le trafic de 1 à 2 millions de tonnes et créer de nouvelles plateformes de chargement et déchargement », souligne François Houix, en charge de la promotion du transport fluvial Bassin de la Seine.

Et d’ajouter : « Le trafic fluvial est un trafic naturel, parfaitement adapté pour les transports internationaux lents. »

Ports fluviaux

Mais ce développement du fret fluvial est conditionné notamment à la sécurisation des plateformes fluviales mais aussi et surtout à la mise en grand gabarit de la Seine, grâce à un canal : une liaison entre Bray-sur-Seine et Nogent-sur-Seine. Une liaison qui permettrait d’accueillir des « péniches géantes » de 3 600 tonnes et ainsi accroître le trafic vers l’est.

Le Département participe aux études de conception de ce projet d’envergure à hauteur de 580 000 € (et 500 000 € pour la création d’une plateforme de valorisation des déchets).

« Il faut que le Grand Paris de demain se construise avec nous et pas à notre détriment », a insisté Jean-Jacques Barbaux.

Le grand gabarit pourrait concerner les ports de Bray-sur-Seine, Monterault-Fault-Yonne, Varenne-sur-Seine, Melun Reine Blanche et celui du port Saint Louis à Dammarie-lès-Lys qui deviendra un port de fret.