Mouy-sur-Seine : les éclusiers gèrent les bateaux derrière des écrans

26/10/2017 19:37

Mouy-sur-Seine : les éclusiers gèrent les bateaux derrière des écrans

Article parut sur leparisien.fr, 25 octobre 2017

 

Mouy-sur-Seine, ce mercredi. Le métier d’éclusier change complètement. Ils ne sont plus au contact des bateaux mais gère le trafic depuis une poste de téléconduite.LP/Faustine Léo
 
Pour gagner en fluidité, Voies navigables de France a décidé de gérer les opérations depuis un poste centralisé, via des caméras, qui a été inauguré ce mercredi.

Finies les journées au grand air pour les éclusiers du tronçon de la Seine compris entre Marolles-sur-Seine et Beaulieu (Aube). Depuis février dernier, les sept écluses sur cette portion de 50 km sont téléconduites depuis un poste de commande centralisé à Mouy-sur-Seine, comme cela se passe dans un aéroport ou dans un centre d’aiguillage. Les contacts avec les mariniers se font désormais uniquement par VHF ou par téléphone.

Pour Voies navigables de France (VNF), établissement public sous la tutelle du ministère des Transports, qui a investi 5,3 M€ dans cette opération, ce changement est plus que bénéfique. Notamment car il permet de fluidifier le trafic qui croit d’années en années. « Nous n’avons plus de salarié isolé, se réjouit Ghislain Frambourt, gestionnaire des écluses entre Paris et Nogent-sur-Seine (Aube). Ce travail en équipe permet un dialogue pour mieux anticiper les arrivées en écluses et d’éviter les attentes. Nos usagers sont ravis ».

Le trafic multiplié par deux en 10 ans

Une trentaine de convois transitent chaque jour sur ce tronçon. « C’est 50 % de plus qu’il y a dix ans », précise VNF. La mise en grand gabarit de la Seine entre Bray-sur-Seine et Nogent-sur-Seine, estimée à 290 M€ et dont l’enquête publique doit avoir lieu l’an prochain, devrait accroître encore le nombre de bateaux. Alors que les travaux du Grand Paris vont induire une augmentation de la demande de matière première, le trafic fluvial doit diminuer la circulation des camions. Un convoi de 2 500 tonnes équivaut à 100 camions sur les routes.

L’ouverture de ce poste de commande centralisé permet également d’élargir les horaires de navigation de dix à quatorze heures en semaine. Les bateaux peuvent ainsi circuler de 6 heures à 20 heures du lundi au vendredi et de 9 heures à 18 heures le week-end. « Nous bénéficions de plus de flexibilité dans l’utilisation de la Seine, confirme Lionel Le Maire, directeur des transports chez Soufflet, acteur international de la meunerie, dont un des sites est basé à Nogent-sur-Seine. C’est vraiment un plus par rapport à l’organisation qui prévalait auparavant ».

Cette plus grande souplesse pourrait permettre à d’autres entreprises de s’implanter. C’est le souhait de Benoît Chevron, conseiller régional (LR), alors que l’Ile-de-France a financé le centre à hauteur de 2,7 M€. Certains éclusiers semblent plus réservés sur cette nouvelle organisation : « On connaissait tous les mariniers. C’était convivial. C’est devenu assez impersonnel. »