Prochain contrat de plan État-région 2015-2020 Champagne Ardenne : de quoi lancer les travaux de la ligne 4

15/06/2015 23:02

Publié le Samedi 13 Juin 2015 à 11h02 dans L’Est éclair

Prochain contrat de plan État-région 2015-2020 : de quoi lancer les travaux de la ligne 4 (Paris - Troyes)

Présenté hier devant les socioprofessionnels, le nouveau CPER devrait permettre de débloquer le dossier d’électrification. Mais on est encore loin des 270 millions d’euros.

 

Le nouveau contrat de plan État-Région 2015-2020 sera-t-il «  un marché de dupe  » ?

C’est le sentiment livré hier à Châlons-en-Champagne par le Conseil économique, social et environnemental (Ceser) de Champagne-Ardenne qui se montre très critique «  tant sur la forme que sur le fond  ». Ce contrat, qui devrait être validé par le conseil régional le 29 juin, est considéré comme «  sans vision d’avenir et sans plan cohérent d’ensemble  ».

Pourquoi une telle réserve de la part des socioprofessionnels ?

Deux raisons : 

d’une part, l’inconnue face à la nouvelle région et sur ses moyens pour maintenir les priorités de la Champagne-Ardenne ; 

d’autre part, la logique de baisse générale des financements provenant de l’État. Difficile à faire aboutir…

En résumé, le Ceser n’estime que l’engagement de l’État « reste en deçà des attentes ». Mais quels engagements ?

S’agissant de notre département, c’est surtout de mobilité dont il est question, à la fois sur le ferroviaire et un peu sur le fluvial.

Bonne nouvelle, l’électrification de la ligne 4 (Paris - Troyes) figure bien dans le CPER. «  Un projet difficile à faire aboutir  », devait toutefois noter Renaud Moutarde, directeur général adjoint du conseil régional. Comme annoncé voilà quelques jours via le ministère des Transports, le contrat de plan prévoit bien le lancement d’une première phase allant de Gretz jusqu’à Nogent-sur-Seine.

Il est également question de rénover un poste de signalisation, des ouvrages d’art, des passerelles et un pont routier, mais aussi la passerelle Bégand et le relèvement de ponts à proximité de la gare de Troyes. Le tout pour un montant de 169 millions d’euros répartis entre la Champagne-Ardenne et l’Île-de-France.

Sur ce dossier d’électrification, la somme engagée dans ce contrat devrait atteindre 84,5 millions d’euros (sur les 270 estimés au final) :

27 millions pour l’État, autant pour la Région, 9 millions pour SNCF-Réseau et 21 millions pour les autres financeurs. 

Sauf que, compte tenu de l’état des finances publiques, la Région devra préfinancer 6 millions d’euros pour le compte de l’État, lesquels seront remboursés lors de la clause de revoyure programmée en 2017. On comprend mieux pourquoi le dossier ferroviaire bloquait la finalisation du CPER… 

À noter que l’État, dans un système de décroisement des financements, ne financera ni la mise en accessibilité des quais de gare, ni les pôles d’échange multimodaux.

Côté fluvial, le CPER évoque encore le projet de Seine à grand gabarit entre Bray-sur-Seine et Nogent-sur-Seine, mais seulement pour le lancement de nouvelles études. La reconstruction du barrage de Beaulieu est par ailleurs prévue.

Globalement, ce nouveau contrat de plan État-Région porte sur 924 millions d’euros.

Jean-François LAVILLE