Un bassin en amont de la Seine pour éviter les inondations

22/01/2019 20:32

Article paru, le 22/01/19 dans Les Echos.fr écrit par LIANA BARBOT

 

Les casiers de La Bassée doivent limiter les conséquences des inondations de la Seine en stockant, en aval, le surplus d'eau dans des bassins.

C'est un projet qui date de la crue de 1982 qui va voir le jour. Après plus de 30 ans de débat, le préfet de la région Ile-de-France Michel Cadot et Béatrice Abollivier, préfète de Seine-et-Marne ont présenté le projet de casier pilote dit de La Bassée en décembre dernier.

« La réalisation du casier pilote, première étape du dispositif complet d'écrêtage des crues, va permettre d'atténuer considérablement les effets catastrophiques des inondations pour des milliers de Franciliens, d'entreprises et de biens publics », estime Michel Cadot.

Ce casier pilote sera construit entre Montereau-Fault-Yonne et Bray-sur-Seine, sur les communes de Châtenay-sur-Seine, Gravon, Egligny et Balloy, et sera capable de stocker 10 millions de mètres cubes pour permettre d'abaisser le niveau de la Seine de 8 à 10 centimètres dans la capitale. Toutefois, les travaux de celui de La Bassée ne démarreront qu'en 2022 pour se terminer fin 2023. Plusieurs étapes administratives doivent être validées.

L'Etablissement public territorial de bassin Seine Grands Lacs (EPTB SGL) doit poursuivre les études préalables avant de déposer un dossier à la Commission mixte inondation (CMI) en novembre 2019 qui aura 5 mois pour l'instruire. Une enquête publique pilotée par la préfecture de la Seine-et-Marne sera ensuite menée en juin 2020 pour une durée de 3 mois. La préfecture de la Seine-et-Marne entamera alors des procédures de déclaration d'utilité publique qui se termineront fin 2020. L'année 2021 sera consacrée aux travaux préparatoires de fouilles et de défrichement.

Préserver la biodiversité

Ce premier projet pilote ouvrira la porte au projet global qui prévoit la construction de 10 casiers délimités par 58 km de digues, alimentés par 7 stations de pompage. Ils doivent permettre de retenir un volume de 55 millions de m³ pour un gain estimé de 60 cm sur la ligne d'eau à Paris. Le coût des travaux pour le casier pilote est de 115 millions d'euros et le montant pour l'intégralité du projet de 600 millions d'euros.

Le financement sera assuré à 50 % par l'Etat via le fonds de prévention des risques. 30 % de la somme devrait être prise en charge par la Métropole du Grand Paris (MGP) qui est compétente depuis le 1er janvier 2018 en matière de Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations (Gemapi). La MGP a passé une convention avec l'EPTB SGL en avril dernier pour prendre en charge les études et de premières acquisitions foncières, permettant de lancer le projet de « La Bassée ». Les 20 % restants seront à la charge de l'EPTB SGL.

L'idée du stockage refait surface tous les 2-3 ans et rencontre l'opposition des écologistes qui s'inquiètent de l'impact sur la biodiversité. La préfecture et la MGP se veulent rassurantes et assurent que l'aménagement de la Bassée permettra également de restaurer les zones humides de la Seine, reconnues Natura 2000. Des financements complémentaires de la Région, de l'Agence de l'Eau et du département de Seine-et-Marne pourront être envisagés si nécessaire.